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Vue de la France par l'Académicien Michel Serres Bannie11

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 Vue de la France par l'Académicien Michel Serres

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kayok
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MessageSujet: Vue de la France par l'Académicien Michel Serres   Vue de la France par l'Académicien Michel Serres Icon_minitimeMer 9 Jan 2019 - 17:33

[size=32]Michel Serres : «Une réalité sociale complètement nouvelle» Michel Serres :[/size]
L'académicien réagit pour la première fois sur le phénomène des Gilets jaunes, qui fleurit sur une société déboussolée, où le politique a perdu la main.
Infatigable voyageur de la pensée, auteur prolixe dont la vingtaine d'ouvrages interroge la société sur ses évolutions, l'Agenais – de l'Académie française – Michel Serres, 88ans, philosophe visionnaire sur les grands bouleversements du monde et de notre temps, ne s'était encore jamais exprimé sur les Gilets jaunes. Pour le penseur, «ce mouvement est le résultat du déséquilibre que je perçois violemment depuis 20 ou 30 ans entre la société telle qu'elle est advenue et les institutions telles qu'elles sont demeurées, entre l'Homme nouveau et sa représentation politique désuète». Il mise sur une inéluctable sortie de crise mais se dit incapable d'en dessiner les contours.
Comment analysez-vous le mouvement des Gilets jaunes ?
«Il est arrivé dans nos pays une grande transformation produite par des causes que nous connaissons bien : l'augmentation de l'espérance de vie, la disparition progressive de la culture rurale – nous étions 50 % de paysans et nous ne sommes plus que 2 % –, les nouvelles technologies, la mondialisation de l'économie, les problèmes environnementaux tragiques, et surtout 70 ans de paix, ce qui n'est jamais arrivé dans notre histoire. Et nous sommes entrés par conséquent dans une période en rupture totale avec ce que l'on a connu. Ce n'est plus le même homme, ce n'est plus la même vie, ce n'est plus la même mort, ce n'est plus le même espace, ce ne sont plus les mêmes relations.»
Comment, dans ce contexte de bouleversement, sont apparus les Gilets jaunes ?
«Il se trouve que nous étions gouvernés et organisés selon des institutions qui ont été inventées pour un monde qui n'est plus du tout ce qu'il est devenu. Si bien qu'un déséquilibre formidable s'est produit entre ce que nous appelons aujourd'hui la politique et la réalité sociale. Dans le monde, ce déséquilibre s'est traduit par des événements que nous connaissons parfaitement : Monsieur Facho-de-la-maison-blanche aux Etats-Unis, le Brexit en Grande-Bretagne, une sorte de chaos en Italie, puis des régimes autoritaires comme ceux de Poutine et d'Erdogan. Et en France, il s'est manifesté tout simplement aux dernières élections par l'explosion des partis traditionnels de gauche et de droite. Aujourd'hui, nous n'avons plus de grille de lecture du rapport qui peut exister entre la politique qui a fait naufrage et la réalité sociale complètement nouvelle. Sur fond d'inégalité sociale et de la détresse paysanne qu'on peut tout à fait comprendre, des mouvements comme celui des Gilets jaunes sont apparus, dont on voit très bien d'où ils viennent, mais dont on ignore en revanche où ils vont.»
Comment en sommes-nous arrivés à un tel décalage ?
«Ce qui a manqué, c'est, je crois, une pensée forte pour un nouveau système de gouvernement, un nouveau système de société, un nouveau type d'institutions. Il faut se rappeler qu'au XIXe siècle, il y a eu beaucoup d'inventions de nouveaux modèles sociaux, comme les socialistes utopiques par exemple. Au XXe siècle ? Rien, si ce n'est le fascisme et l'hitlérisme. C'est un peu la faute des philosophes dont je suis, qui n'ont pas vu arriver ce nouvel état de choses. Mon hésitation à commenter ce qui se passe aujourd'hui en France vient de ce déséquilibre que je perçois violemment de puis 20 ou 30 ans entre la société telle qu'elle est advenue et les institutions telles qu'elles sont demeurées. Il y a un dérèglement total entre une politique désuète et une société extrêmement nouvelle. On manque cruellement d'un modèle de transition et je suis moi-même perdu parce que nous n'avons plus la grille de lecture qui était donnée par le rapport entre la politique et la société.»
Comment les institutions, les partis politiques, la société, vont-ils réagir au choc des Gilets jaunes ?
«Tout peut se produire. La rupture que je viens de décrire est immense. Vous vous rendez compte à quel point la politique se trouve démunie face aux questions que pose ce mouvement ? Les partis traditionnels de gouvernement que nous avons connus pendant au moins deux siècles ont été incapables de répondre. Mais cette crise politique est mondiale. Facho-de-la-maison-blanche aux Etats-Unis, l'extrême-droite en Europe centrale, le Brexit en Angleterre et les Gilets jaunes en France en sont les résultats.»
Tout le monde paraît pris de court, comme si personne n'avait rien vu venir de cette crise majeure…
«Personnellement, j'ai quand même écrit une vingtaine de livres sur les formidables changements qui agitent les sociétés contemporaines, j'ai identifié les causes, j'ai anticipé ce qui se passe. Mais tout le sujet est de savoir quelle est la politique que l'on peut inventer par rapport à ces bouleversements. Or, il n'y a pas de réponse à cette question fondamentale, ni chez les responsables politiques, ni chez les philosophes. Ça a été très fécond au XIXe siècle. Beaucoup de philosophes ont inventé de nouveaux systèmes, Karl Marx par exemple, ou les socialistes utopiques. Mais au XXe siècle, les philosophes se sont engagés en politique, ils se sont mis à la remorque des partis plutôt que de les inspirer.»
Aujourd'hui, la seule question qui vaille pour certains responsables de partis politiques semble être celle de la récupération du mouvement des Gilets jaunes à des fins électorales. Vous êtes déçu ?
«Évidemment déçu, mais c'était prévisible. Ils constatent qu'ils sont en train de mourir, et donc tout est bon pour servir de ballon d'oxygène. C'est dramatique. Cette notion de récupération est terrible car elle prouve que notre système politique n'a plus grand-chose à proposer et qu'il est en déconnexion totale avec la société.»
Auriez-vous un conseil à adresser aux hommes et femmes politiques d'aujourd'hui ?
«Tout ce que je viens de décrire illustre la perplexité dans laquelle nous nous trouvons tous, collectivement. A Dieu ne plaise que je sois un conseiller de l'État aujourd'hui, je serais très embarrassé. D'autant plus que redoutables dangers menacent.»
À propos de la sortie de crise, les politologues croient distinguer deux voies possibles : un retour à «l'ancien monde», avec la reconstitution du modèle gauche/droite qui serait plus à l'écoute de la société, ou la tentation d'un Etat totalitaire en France. Partagez-vous cette analyse ?
«La première solution est impossible, et la deuxième n'est pas souhaitable. La première est impossible, parce que si elle était possible, ce serait déjà fait, les partis politiques auraient déjà repris la main. Et la seconde est évidemment la pire. E. Marionette du Capital est extrêmement fragile, parce qu'il est cerné par l'extrême gauche et l'extrême droite. Et l'histoire du XXe siècle a montré que les pires régimes se sont toujours construits sur une sorte de liaison secrète et explosive entre les deux extrêmes : le national-socialisme d'Hitler fut l'alliance de la dictature et du prolétariat.»
Diriez-vous que notre société, en tout cas sous le modèle que nous lui connaissons, est en danger ?
«Je ne dis pas qu'elle est en danger, je dis qu'elle est si nouvelle que nous peinons à la voir telle qu'elle est. Ce que je repère, c'est son extraordinaire nouveauté, et des institutions et de partis qui n'ont pas su évoluer avec elle. Nous n'avons pas inventé un nouveau système, on est en manque de ça.»
Quelle sortie de crise voyez-vous ?
«Les événements ont toujours été imprévus. Pensez-vous que celui qui a pris la Bastille prévoyait la Révolution française ? La sortie de crise aura lieu dans des circonstances que je ne vois pas et que d'ailleurs, tout le monde ignore. .
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MessageSujet: Re: Vue de la France par l'Académicien Michel Serres   Vue de la France par l'Académicien Michel Serres Icon_minitimeJeu 10 Jan 2019 - 9:54

Ouais ......
Sortie de crise, on peut croire au père Noël si on veut, le mouvement dit des gilets jaunes, par son manque de représentativité et son inexpérience politique montre sa limite, en France, comme tous les mouvements qui couvent partout. Après les gilets jaunes, quelle alternative ? Mettre des jaunes aux postes des '"En marche" qui s'installeront illico dans les avantages ?
Par contrre, plus inquiétant et qui risque de metrre tout le monde d'accord, peu de gens en parlent. Seule une allusion télévisée sur je ne sais plus quelle chaine en a parlé : le futur crack boursier de Wall street, d'un impact bien supérieur à celui de 1929 qui est à l'origine de la chute de l'Allemagne entre autre et de leur envie du "tout azimuts " pour trouver à bouffer. 
Nous arrivons à ce point de basculement, ça c'est certain, mais quand ça démarrera-t-il? Que se passera-t-il ? 
En France, ce sera inmanquablement mise en apllication de la loi Sapin  ( prévu  depuis des années), pour saisir les avoir des retraités et notamment les sommes placées en assurances vies, Sapin l'a prévu, en cas de crack, la valeur papier devenant PQ, l'Etat ne pouvant plus garantir sa monnaie il faudra faire sauter nos propres banques comme des voleurs pour récupérer notre pognon et le placer dans des valeurs fiables. Encore faudra-t-il avoir le temps de le faire. Sinon le faire maintenant en achetant de l'or maintenant tant que c'est possible et le mettre en sécurité.
Tout ce merdier de la rue ne mène et mènera à rien sinon appauvrir un peu plus, faire monter les prix un peu plus vite, donc précipiter vers cette échéance.
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MessageSujet: Re: Vue de la France par l'Académicien Michel Serres   Vue de la France par l'Académicien Michel Serres Icon_minitimeSam 12 Jan 2019 - 11:19

Et pour aller beaucoup plus loin, ces vidéos, très longues, que je vous demande de bien écouter démontre que nous sommes désinformés en permanence, que les gilets jaunes sont téléguidés,  voulus,font partie d'une procédure mondiale rotschildienne (ça jaunit partout, dans tout un tas de pays), tout ça pour le profit de Rotschild et Cie qui pour leur ordre mondial  ont placé leur taupe au gouvernement français : Makron. Le krack boursier dont je vous ai parlé arrive, programmé, comme celui de 1929 qui a placé Hitler au pouvoir. La clique Le Pen est programmée à son tour et fera le ménage comme Hitler a su faire .... Réfléchissez.
La deuxième vidéo projette bien notre avenir avec une guerre froide pouvant venir chaude...

https://www.youtube.com/watch?v=J18zukKyDZs

https://www.youtube.com/results?search_query=%23Alerte
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MessageSujet: Re: Vue de la France par l'Académicien Michel Serres   Vue de la France par l'Académicien Michel Serres Icon_minitimeDim 13 Jan 2019 - 18:16

Bon ! Caneton,
Je suis en partie de ton avis, surtout celui du crash boursier. Avant la fin de l'année j'avais écrit à ce sujet et j'avais même dis que je cherchais le moyen d'acheter des lingots. ou des Lingotins. Mais ça n'est pas chose facile ni anonyme. Ca n'est pas pour rien que je me suis penché sur cette solution, car le crash boursier j'y crois et la seule chose à faire pour ne pas trop perdre, c'est l'or. Ou alors des maisons mais, difficilement négociable et trop important.
Mais on en ai pas encore là

Quand au mouvement des GJ, je t'avais dis que ça durerai jusqu'après les fêtes et au contraire que ça accélèrerai, si l'autre mounaque ne vouliat pas cèder. C'est ce qu'il fait.

Je pense que tu n'a pas compris (eux non plus) qu'il s'agissait d'un mouvement "Citoyen" et non syndical. Il n'y a rien de préparé ni de structuré et c'est là le problème. Comment explique tu que après 2 mois de merde, ce mouvement bénéficie de 65 % d'accord de la population. Le problème c'est que ce sont les gens qui travaillent qui manifestent, parce qu'ils n'arrivent pas à la fin deu mois. Ca n'est pas les petites frappes des Banlieues ou les syndicats (ils n'ont pas bougés parce qu'ils ont le ventre plein).
Tu ne vois pas de fouteurs de merde, s'en prendre à des entreprises ou des Patrons, non ça sa n’hésites pas. C'est totalement différent d'une grève traditionnelle et même de la grève de 68.

Je comprend ton mal être, lorsqu'on a laissé des plumes dans une affaire, mais il faut que le Monde avance et surtout la France. Il y a des centaines de milliers de Français qui attendent de vivre et cela ne se fera quand modifiant les règles et en évitant de dilapider l'argent du Peuple.
Ce n'est pas ce qui est fait à l'heure actuelle
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MessageSujet: Re: Vue de la France par l'Académicien Michel Serres   Vue de la France par l'Académicien Michel Serres Icon_minitimeDim 13 Jan 2019 - 18:42

Le problème est qu'un mouvement "citoyen" ça n'existe pas en droit, ça relève du rève. En France, avec notre constitution seules les assemblées peuvent voter des lois de nature à changer les choses, A part prendre quelques décrets et ordonnances un président ne peut pas tout changer seul, il faut que ça soit voté par les assemblées, changer le président comme ils réclament ? Un nouveau  président se retrouverait dans la même situation. Pourquoi crois-tu que De Gaulle a fichu en l'air la constitution en 1958, c'est bien parce que à l'époque de la 4ème c'était déjà ce bordel là et qu'il ne pouvait rien faire, ficelé par les politiques, il a changé la constitution pour éviter ça, aujourd'hui ce sont les financiers internationaux qui ficèlent le président.
Tant que les GJ ne siègeront pas dans les assemblées rien ne changera sinon quelques sucettes comme actuellement. Les gilets jaunes ne sont pas éligibles de façon majoritaire car non représentés, là c'est mathématique.
Restent des candidatures libres, ça m'étonnerait qu'on trouve autant de candidats en électrons libres pour combler majoritairement les assemblées, là c'est aussi un rêve. Et s'ils sont élus, dès qu'on leur donnera 7000 euros + 5 000 euros d'indemnités/ mois, ils s'empresseront de les prendre et de faire comme les élus actuels.
 Et même si les assemblées basculaient, tout ça ne ramènera pas à 3000 euros par mois les salaires des quelques 20000 fonctionnaires qui coutent en moyenne 30000 euros / mois chacun, et qui ont des contrats de travail en bonne et due forme. Comment tu les vire ceux là ? Qui va payer leurs indemnités auxquelles ils ont droit ? Là on entre dans le non droit, donc la révolution.
Quant aux manifs comme les autres elles vont tomber, c'était couru du début, maintenant les gens ont compris que ça mène à rien, donc c'est l'impopularité qui va s'installer, ils sont déjà tombés en dessous des 50%
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